16 février 2011
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Colloque international / International conference

Regards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives.

Views on the Commune of 1871 in France. New approaches and prospects.

Narbonne, Hôtel de Ville, 24-26 mars 2011

 

Résumé

A l’occasion du 140ème anniversaire de la Commune de 1871, ce colloque international organisé, symboliquement, à Narbonne, entend privilégier les nouvelles approches de l’événement et ouvrir de nouvelles perspectives. Au-delà d’un questionnement sur l’apport des recherches sur les Communes de province, il s’agit d’aller traquer dans les marges de l’événement global des pistes de recherche permettant de renouveler la compréhension nationale du mouvement communaliste et de l’aborder dans un cadre géographique et temporel élargi.

Abstract

For the 140th Anniversary of the 1871 Commune, this international symposium is organized, symbolically, in Narbonne. It intends to focus on new approaches to the event and to open new prospects. Beyond questioning the contribution of modern research on the Communes of the province, it’s aim is to work at the margins of the global event so as to open new paths of research and to renew the national interpretation of the communalist movement inside an expanded geographical and temporal framework.

Argument

L’enjeu de ce colloque sera de faire le point sur les nouveaux regards portés sur l’événement et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour sa compréhension. Plutôt que de reprendre les approches classiques et déjà connues sur « la Commune de Paris de 1871 », le colloque adoptera un cadre géographique et temporel élargi et essaiera de traquer dans les marges de l’événement global de nouvelles pistes de recherche.

De part et d’autre de la Commune

On questionnera l’amont et l’aval de la Commune, en allant vers 1848 et l’Empire puis vers les années de la proscription et du retour et vers celles de la concurrence entre l’oubli et la construction des mémoires.

En amont, l’objectif est d’interroger les années 1848-1870 et la part d’héritage, en termes de personnes et d’idéaux, que l’on retrouve dans le mouvement de 1871. Où en est l’idéal de République démocratique et sociale, dans quelle mesure est-il à l’œuvre en 1871, par quels acteurs et par quels biais ? Dans la continuité des nouveaux regards sur les notions de démocratie directe, de
souveraineté du peuple, d’utopie, il faut étudier ce qui se joue entre Commune(s) et République.

En aval, il faudra s’attarder sur les années de la déportation et de l’exil : déportation en NouvelleCalédonie, exil en Suisse, Belgique, Grande-Bretagne mais aussi en Espagne (Catalogne et Baléares), aux Etats-Unis, en Amérique latine, Russie, Hongrie… Dans la mesure où la proscription s’est inscrite dans la durée, en quoi a-t-elle marqué des vies, défini et produit des positions et des choix, au moins autant que la participation à l’événement lui-même ? Comment s’est passé le retour en France ? Plus spécifiquement, quelle a été l’attitude des populations locales, notamment celles du LanguedocRoussillon quand les navires rapatriant les communards déportés accostaient à Port-Vendres ?

Par ailleurs, l’organisation de ce colloque du 140ème anniversaire à Narbonne est l’occasion de revenir scientifiquement sur les rituels, les manifestations, les poursuites, les réappropriations auxquels 1871 a donné lieu, sur les mémoires de la (des) Commune(s) à Paris, en province, voire à l’étranger.

Jeux d’échelles

Le choix d’un cadre géographique élargi ainsi que celui d’une focalisation sur les marges de la Commune de Paris de 1871 conduisent aussi à analyser plus en profondeur les relations et les communications entre Paris et la province : quelles sont-elles, comment se font-elles et par qui ? On essaiera également dans cette optique de faire le point sur les ligues méridionales et de s’interroger sur le fédéralisme.

A une autre échelle, on souhaite ouvrir des pistes de recherche sur les relations entre les villes communalistes et leurs environs : marges de la ville, environs ruraux mais politisés et/ou mobilisés des villes soulevées.

Une autre perspective consiste à poser le problème de « l’opinion » : peut-on connaître une ou des « opinions » sur les événements en cours, à Paris, en province, quels sont les regards croisés Paris/province, et que dire de la vision de l’étranger sur la Commune de 1871 en France ?

Plus globalement, que connaît-on des relations entre la France et l’étranger à ce moment ?

Acteurs

Plutôt que de privilégier les figures les plus célèbres et les plus engagées dans un camp ou l’autre, on cherchera à faire place à la diversité des acteurs engagés en 1871.

On s’attardera sur les conciliateurs et le « Tiers-parti », et en particulier sur la position et les choix des radicaux et du radicalisme. Le radicalisme provincial, y compris dans sa dimension francmaçonne, tiendra une place privilégiée dans cette réflexion sur la construction de l’idéologie radicale.

On s’intéressera aux parcours de communards moins connus ; la piste est infinie et peut bien sûr être croisée avec d’autres thèmes, comme ceux des générations et des héritages, des relations Parisprovince ou des proscriptions.

D’autres, dont on a réévalué l’importance, furent plus spectateurs qu’acteurs. Comment les appréhender ? Que nous disent les archives à ce sujet ? Peut-on distinguer plusieurs degrés, de l’indifférence à l’action ?
Il y a là de nouveaux questionnements, qui se prolongent dans l’interrogation de ce que furent les Communes au quotidien, pour tous ceux, si différents, qui étaient restés dans leur ville en insurrection.

Les études récentes se sont attachées à la place particulière des femmes dans l’insurrection.
Plusieurs points sont à prendre en compte : leur participation réelle dans le mouvement communaliste et leur type d’engagement, quand il existe, l’existence ou non de revendications spécifiques, les représentations dont elles furent l’objet. En cela, la lecture sexuée que firent les observateurs de leurs rôles offre un riche terrain d’investigation. La place des femmes dans l’exil fait aussi partie des domaines les moins étudiés.

Plus largement, l’analyse des représentations artistiques ou littéraires, satiriques en particulier, offrira une approche sensible des acteurs de 1871.

Enfin, ce colloque voudrait revenir sur la question des forces armées des deux côtés et, plus généralement, sur la question de l’ordre. En dehors de l’armée « de Versailles », déjà étudiée autour de Paris, et des travaux sur les gardes nationales, que connaît-on à ce sujet pour la province et que sait-on aussi sur l’ordre dans les villes, pendant et après le mouvement ?

L’objectif est donc de revenir sur la (les) Commune(s) de 1871, mais il est surtout de privilégier les approches suscitées par la réflexion autour de l’événement, afin d’essayer de mieux appréhender son sens au XIXème siècle, et les réactions qu’il suscita au XXème siècle et qu’il suscite encore. Comprendre ce que fut la Commune en cette fin de XIXème siècle restera certainement une question ouverte, mais il s’agira ici, par la recherche et le débat, de se confronter à cette interrogation centrale. Ce colloque, tout en essayant de dresser un état des lieux des recherches, voudrait aussi les enrichir et impulser de nouveaux travaux.

Organisation

  • Centre de Recherche Espaces, Sociétés, Culture (CRESC), Université Paris 13
  • Commission Archéologique et Littéraire de Narbonne
  • Institut d’Histoire Sociale CGT de l’Aude

Comité de pilotage

  • Marc César (CRESC, Université Paris 13)
  • Laure Godineau (CRESC, Université Paris 13)
  • Jacques Michaud (Président de la Commission Archéologique et Littéraire de Narbonne)
  • Xavier Verdejo (Institut d’Histoire Sociale de l’Aude)

Comité scientifique

  • Sylvie Aprile (Université de Lille 3)
  • Sylvie Caucanas (Archives départementales de l’Aude)
  • Laura Frader (Northeastern University – Boston, associée à Harvard University)
  • Jacques Girault (CRESC, Université Paris 13)
  • Christopher Guthrie (Tarleton State University)
  • Raymond Huard (Université Paul Valéry Montpellier 3)
  • Laurent Mc Falls (Université de Montréal)
  • Rémy Pech (Université de Toulouse 2 – Le Mirail)
  • Alceo Riosa (Université de Milan)
  • Jean-Louis Robert (Université Paris 1)
  • Jacques Rougerie (Université Paris 1)
  • Jean Sagnes (Université de Perpignan)
  • Benjamin Stora (CRESC, Université Paris 13)
  • Robert Tombs (St John’s College, University of Cambridge)
  • Paul-Henri Viala (Archives de Narbonne)

Modalités de réponse à cet appel à communications

Les propositions de communications devront faire l’objet d’un texte d’une vingtaine de lignes.
La date limite de dépôt est fixée au lundi 26 avril 2010.
Les propositions devront être envoyées à :
Marc César : marc.cesar@univ-paris13.fr
Laure Godineau : laure.godineau@univ-paris13.fr

Adresse postale : CRESC, Université Paris 13 UFR LSHS, 99 av. Jean-Baptiste Clément, F 93430 Villetaneuse